Un vendredi d’hiver

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Ce vendredi d’hiver fut de ceux où il y avait un besoin. De sortir en ville. De me laisser conduire vers des lieux connus et inconnus, pour recevoir et découvrir.

C’est Arsène 50 qui m’a guidé, le site propulsé par visit.brussels qui propose des places à moitié prix, pour des sorties culturelles programmées le jour même.

Rien de tel pour – presque – lâcher le contrôle, et trouver le plaisir inattendu.

Bon, il faut que je précise ceci : le 31 décembre dernier, j’ai participé à une journée organisée par Caroline von Bibikow, où il était question pour chacun de créer un collage de vision pour l’année à venir.

On salue de diverses manières l’année qui se termine, puis on reçoit une feuille immense et un accès illimité à des piles de magazines, dans lesquels on peut piocher à l’aise et découper sans vergogne.

L’intuition nous guide, textes, photos, dessins, jusqu’à les coller sur la feuille immense, pour constituer – presque sans réfléchir – une vision de ce qui nous attend pour les douze mois à venir.

Une intention, un rêve, des attentes, le mystère. Peu importe.

Homme aimant les mots, je pensais que dans mes découpages les lettres prendraient le pas sur les pixels, ou au moins leur disputeraient l’espace, mais non, les seuls mots que j’assemblai et collai, ce furent dans la dernière ligne droite de l’après-midi, pour constituer une sorte de titre pour mon année.

 » Le grand bal des plaisirS  »

Rien que ça !

Et donc, depuis le premier janvier, j’y suis attentif. Je les note même. Les petits plaisirs. Les grands.

Il y en a chaque jour !

Et ce vendredi, dans ma promenade urbaine et culturelle, il y eut ceux-ci.

Verser une larme, plusieurs, au Ciné Aventure, devant « 1917 », film de Sam Mendes, que j’ai trouvé d’une grande intensité.

Être impressionné devant l’horizon reconstitué, délabré, éprouvé par la guerre.

Me faisant cette réflexion : si parfois je pense que ma vie est intense, ou que j’ai des problèmes complexes à résoudre … mmmh … je crois que je préfère les miens à ceux des soldats de la grande guerre, envoyés au front, en première ligne.

Plaisirs, revenons au plaisir, celui de remonter à pied vers Ixelles, via le Mont des arts bercé par un guitariste de rue, un arrêt chez Exki pour un repas rapide, et un autre plaisir : brownie au chocolat sans gluten. De quoi éloigner le goût du sang et les relents des tranchées boueuses.

Redescendre vers Flagey pour le concert de Makaya McCraven. Dont je ne connaissais encore rien douze heures plus tôt.

Croiser le monde. J’adore.
Sentir le froid, mais pas trop.
Avoir le temps.

Après l’échange du voucher de ce bon vieil Arsène 50 contre un ticket en bonne et due forme, me rendre compte qu’il m’envoie au troisième balcon du studio 4.

Au premier rang de ce balcon, mais quand même : moi qui, dans les salles de spectacle, aime le premier rang tout court, pour voir de près les yeux, les visages, les sourires, pour apprécier les doigts qui jouent, les corps qui bougent, me voilà loin.

Et haut !

Le concert commence.
Des beats, des flows.
Une batterie – Makaya lui-même -, deux cuivres, une basse, deux xylophones immenses.

Taper des pieds, des mains.
Me dandiner sur le fauteuil A14 du premier rang du troisième balcon. Sans tomber.

Chercher une fin à cette histoire.

Trouver celle-ci.

Il y a donc ceux qui ont été en première ligne et ceux qui aiment le premier rang.

Préférer être parmi les seconds.

Enfin, je préfère surtout la musique à la guerre. L’art au combat.

Et je peux bien vous le dire maintenant : ce matin, j’avais un coup de mou.

Mais là,
Je crois bien,
Que le plaisir,
M’a requinqué.

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