Souffle

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Vous trouverez plus bas les mots que j’avais décidé de partager aujourd’hui, pour celles et ceux qui aiment un peu de lecture.

Puis, regardant de plus près les photos choisies pour les illustrer – le gâteau de mon deuxième anniversaire ! – , et lisant ce qui se passe pour le moment dans la forêt amazonienne, ces incendies terribles, je me suis mis à rêver … ce petit garçon de deux ans pourrait-il y faire quelque chose, au moins à rebours ?

Probablement non.

Mais, bon dieu, je rêve que mon souffle puisse éteindre, non pas deux, dix, mille bougies, mais ces feux étouffants et étourdissants.

La forêt amazonienne n’est pas un gros gâteau destiné à être découpé, brûlé, avalé.

C’est un poumon, un espace de vie, de liberté sauvage.

De souffle, tiens, justement !

Alors, oui, je soufflerai aujourd’hui à répétition, espérant que des ailes de papillons de toutes les couleurs veulent bien porter mes espoirs jusqu’aux arbres et aux peuples de là-bas, et je penserai encore et encore, en cette belle journée, à la façon de mieux protéger nos forêts, chaque petit geste, chaque pas, pour garder la vie au plus près des étoiles !

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(Voilà les mots annoncés)

En octobre de l’année dernière, un acouphène s’est invité un beau matin dans mon oreille droite.

Je passe les détails des premiers jours, d’un ORL à un autre, l’inquiétude, jusqu’à un long après-midi aux urgences de Saint-Luc.

Mais en ce jour anniversaire de ma naissance, il me vient une sorte de récapitulatif de ce que ce sifflement, encore aujourd’hui permanent, m’a apporté jusqu’ici.

D’abord, une double prise de conscience, en répondant à cette question : si ce sifflement était une alarme, de quoi me préviendrait-il ?

De mon besoin de m’installer bien, mieux, dans ma maison, réintégrée quelques mois plus tôt.
De mon besoin d’écoute de mon cœur, de lien amical, affectif, de partage.

Alarme qui fut donc le point de départ de plusieurs décisions.

Mais avant, il a fallu passer par une case que je n’avais pas encore cochée dans mon parcours personnel : un cycle de huit semaines de pleine conscience, ou pleine présence, durant les trois mois d’hiver.

Je ne deviendrai jamais – qui sait ? – un grand adepte de la méditation assise, mais je constate que l’expérience m’a remis sur le chemin de l’écoute de moi, du temps présent, à l’intérieur et à l’extérieur.

Retrouver, aussi, le plaisir de la promenade – puis de la course à pied ! – , et du repos, du vide.

Entre-temps, ça y était, j’avais pris le taureau et la vache par les cornes : un, en m’inscrivant à une semaine de création en groupe fin mars, et deux, en entreprenant les travaux d’aménagement du deuxième étage, autour desquels je tournais depuis des mois, en vue de tisser un joli nid douillet.

Pente ascendante, il semblait bien, mais ce n’était que le début !

Vint en effet cette semaine de création, fin mars, Le Grand Labo, sur le thème annoncé au matin du premier jour : La Chute.

Pente ascendante, peut-être, mais chute, aussi.

Chuter. Lâcher prise. Tomber. Plonger. Ne rien attendre. Quand allais-je me relever ?

Des rencontres aussi. Des artistes, des chouettes personnes, de la vie, et le besoin, oui, je m’en suis alors rendu compte, de me remettre en mouvement. Vive le retour à la danse !

Alors que le chantier s’organisait, que la poussière se soulevait, que les vieilles choses se jetaient, il était temps, aussi, de reprendre le travail d’écriture autour de mon projet de seul en scène, dont le titre allait devenir : « Histoires à vivre debout » .

Oui, vivre debout, et en mouvement, repasser sur de vieilles histoires, leur donner un sens nouveau, ou ne plus leur trouver aucun sens.

Surtout : vivre !

Un élan soutenu au passage par trois belles lectures : Danse avec l’ombre de Doha Khan, Un homme debout de Franck Lopvet, Paroles d’un grand-père chaman de Patrick Dacquay.

Un triangle d’enseignement, avec comme essentielle conclusion à ingérer : vivre debout, couché, assis, en dansant, quoi qu’il en soit, vivre chaque instant, à fond, vivre tout ce qui est là, vivre les rencontres, les émotions, rire, pleurer, suivre son cœur, oser !

Rien de très neuf, je vous l’accorde, mais rappel salutairement nécessaire en cette année de mutation acouphénique.

Et puis, je ne l’oublie pas, un lien impromptu et privilégié avec l’esprit de l’ours, qui m’a aidé à me redresser, avant de me confier, comme ça, sans que je l’aie sollicité :

– Ne va pas dans la direction de ce dont tu as envie, va dans direction de ce qui te fait peur.

Ah bon ? Et oui !

Ok. Allons-y ! Ce fut alors, entre autres, fin juin chanter pour la première fois sur scène – un duo sur « Ce n’est rien » de Julien Clerc, … ce ne fut pas rien, en effet – , puis en juillet les trois jours d’un workshop d’improvisation vocale où, outre le plaisir de nouvelles belles rencontres, j’ai découvert la jouissance – littéralement – d’être débutant.

Dépassé, ému, remué, mais joyeux de mon audace, de ne pas savoir, d’apprendre, d’être petit, de ne rien devoir assumer. Oui, un débutant !

Entre-temps, le sifflement est toujours là. Il est devenu mon ami. Parfois discret, parfois me rappelant que l’alarme sonne toujours.

Peut-être pour toujours, qui sait ? Le chemin n’est pas fini.

Je me dois aussi de reconnaître ici devant vous qu’au cours de cette année, j’ai pris conscience de ma gorge. Grâce au chant, mais pas seulement.

Pendant certaines médiations assises – surtout les plus longues – , j’ai perçu d’intenses sensations autour de ma gorge. Chaleur, pincement. Je m’en suis ému, et j’ai été mis sur la piste du chakra de la gorge.

Je ne suis vraiment pas un grand connaisseur, il y a beaucoup à en dire, mais savez-vous qu’un déséquilibre du chakra de la gorge peut causer un acouphène ?

Dois-je considérer la boucle bouclée ?

Peut-être. Alors, il semble qu’il me reste à écouter avec plus encore de discernement, à m’exprimer avec plus encore de confiance et d’amour, et qui sait, mon ami siffleur s’en ira-t-il conter ailleurs d’autres histoires ?

Je n’ai pas été exhaustif et je ne le serai pas, sur cette année de mutation.

Finalement, j’ai aussi mes jardins secrets, et je ne veux pas me faire trop long.

Mais quand même, une phrase – ou deux – qui s’est élevée de tout ça :

Je suis heureux d’être moi. J’aime être moi.

C’est une affirmation – parfois difficile à maintenir ! – qui me mène plus loin.

Qui me mène à vivre le présent. À aimer la vie, les autres.

Aimer rire, pleurer, gueuler. Aimer siffler. Tout est bon.

C’est bateau, hein ?

Mais c’est comme ça. Et ça me plaît.

 

Souffle