Premier novembre

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Premier novembre, jour des morts.

Ma mère est morte quand j’avais 20 ans.

Il m’a fallu des années, et un long parcours de partages, de voyages, de danses, de rituels, et d’écriture, et de poésie, et de spectacles, de vie en fait, pour comprendre que la Vie, justement, se déroule sur terre, ici, parmi les vivants.

Il y a le lien, avec le mystère, le avant et le après, le là-bas, avec ce qui est plus grand, mais la vie sur terre est celle qui nous concerne, nous, humains, dans notre corps, notre cœur, notre esprit.

Explorons notre lien avec la mort, l’au-delà, le grand tout, et l’automne est le moment parfait pour ça, mais rappelons-nous que c’est aussi la saison du retour à la terre, les pieds sur le sol, les mains dans l’humus, pourquoi pas, nourrissons celui-ci, de nos vieilles croyances, de nos regrets, de nos joies et de nos tristesses, pour préparer demain.

Ou un autre jour, quand nous aurons trouvé notre place ici-bas, quand nous aurons traversé chaque instant comme une petite mort, pour renaître celui d’après.

Honorons nos ancêtres, reconnaissons-nous vivant sur le fil de l’existence, sentons la force des siècles de vie qui nous ont précédés, génération après génération, jusqu’à nous mener ici, l’un et l’autre, ensemble, à créer le présent, à construire l’avenir.

Prenons le temps. Observons, à l’intérieur et à l’extérieur. Créons, chacun, chacune, et ensemble.

Secouons-nous le corps entier, ne soyons pas timides, crions, hurlons, courrons à travers bois et champs, redevenons sauvages, le temps de nous dire, le temps de grandir. De devenir.

Pleurons et rions.

Soyons attentifs et humbles, simples passeurs de vie, de ce qui nous traverse.

Prenons soin. De la vie. Ici. Maintenant. Sur terre.

Premier novembre, jour des vivants.