IncarNations

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Le plaisir de brandir mon museum pass. Empocher mon ticket. Traverser la rue Ravenstein. Entrer à Bozar.

Parfois, je découvre une expo par hasard, mais celle-ci, qui vient d’ouvrir, m’attire depuis son annonce.

IncarNations. De l’art africain. Pas seulement les bons vieux masques et autres icônes animistes. Aussi – surtout ! – des œuvres contemporaines.

J’aime l’Afrique. L’Afrique noire. Je l’ai vue de près, quelques semaines, pas plus, Mali, Burundi, la terre ocre, l’empreinte archaïque de notre terre, les femmes et les hommes d’une autre peau mais du même élan, humain.

Ici, c’est Congo, Gabon, Angola. Une scénographie basée sur un plan ancien de Kinshasa, des jeux de miroirs, photos, toiles et sculptures. Ça et là, quand même, des masques cérémoniaux et des statuettes traditionnelles.

Des installations vidéo, aussi, de la musique bruyante, des rythmes mélangés, mes oreilles vibrent, mes yeux vont dans tous les sens.

Je m’appuie contre une colonne. L’agrandissement photo d’une main africaine me fascine. Les lignes qui se croisent, et à certains endroits, et sur les bords, de la peau rose, et blanche.

Je me demande. Si nous nous serrons la main, quelle trace laissons-nous dans celle du voisin.

L’Afrique m’a laissé des traces. La retrouver ici, dans des arts pour lesquels je suis béotien m’émeut.

Je referme la dernière porte vitrée. Kinshasa s’éloigne, comme le continent entier.

Sur ma droite, une autre porte. Au-delà, c’est un voyage dans l’art contemporain russe auquel je suis convié. Une traversée transsibérienne.

Les artistes sont partout. Le chaud et le froid. Influencés par leurs origines. L’Afrique et sa lutte pour se réapproprier ses territoires, son identité. La Russie, son passé communiste. Sans doute bien d’autres choses que je n’imagine même pas. Que je ne saisis pas.

Je ne cherche pas à comprendre.

Je reviens sur mes pas. Dans une petite salle, il me reste à découvrir une évocation photographique de la première victoire au Tour de France, en 1969, d’Eddy Merckx. Alors que l’homme débarquait sur la lune.

Je ne sais pas pourquoi, je pense à Jacques Brel. Un autre artiste. Un grand.

Je m’assieds dans le majestueux hall lumineux. Quelques petits groupes sont installés, comme moi, sur les chaises métalliques. Ils conversent en anglais, français, néerlandais. Pas de russe, ni de bambara ou de lingala. Enfin, je ne crois pas.

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