Fête nationale

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Une fois n’est pas coutume, je commence par un mensonge : hier, 21 juillet, j’ai emmené mon seul ami anglais naturalisé belge découvrir les festivités bruxelloises de fête nationale.

La vérité : c’est lui, Richard – prononcez-le à l’anglaise ou à la belge, c’est selon – , qui m’a convié à le suivre.

Il aura donc fallu l’initiative d’un transfuge d’Outre-Manche pour m’initier à cette grand-messe noir-jaune-rouge.

On pose les vélos Porte Louise – ma première expérience, plutôt réussie, en vélo électrique partagé – avant de glisser jusqu’à la place Poelaert.

À l’ombre du Palais de justice, ça commence vraiment. Stands officiels de la police, quelques démonstrations, une tyrolienne du haut d’un échafaudage.

Puis je passe la tête vers la rue Royale.

Mon dieu, la foule, les odeurs, les couleurs, tout ça me fait penser à un match de foot, sans les Diables rouges.

On dépasse un petit train touristique – aussi lent que nos politiques pour former un gouvernement – , on croise le stand du SPF finances – Venez découvrir les douanes ! – , coincé entre un vendeur d’hamburgers et une échoppe de bibelots multicolores.

On s’écarte vers la droite. À l’intérieur du Palais d’Egmont, une expo minimaliste sur le thème ‘art et diplomatie’.

Il fait frais, c’est agréable. Du marbre, beaucoup de marbre, et un parquet immense. On pourrait venir danser ici, sous les lustres en cristal. Ce serait l’art du décalage à la belge, mais il faudrait surtout beaucoup de diplomatie pour obtenir l’autorisation.

Descente vers la Place royale. La statue de Godefroid de Bouillon est bien gardée. Ici, c’est l’armée qui a établi son QG. Chars modernes, même quelques ‘zieverers’ de l’armée française, des frites, des gaufres, et un concours à la criée : des questions sur l’Union Européenne.

À notre passage, celle-ci : combien de pays composent l’UE ?

Hein, dites, combien ?

28 !

Si vous le saviez, vous auriez pu gagner une gourde.

Le speaker précise que c’est toujours 28 à l’heure actuelle, même si un membre est en partance. Perfide Albion !

J’observe Richard. S’il doit verser une larme, ce sera dans l’intimité de son chez lui.

On fait l’impasse sur le défilé officiel finissant sur la Place des palais, et on marche jusqu’à la Place de la Vieille Halle aux Blés, où il fait plus calme.

Bières belges au soleil à pérorer sur nos vies et sur le monde, en face de la Fondation Jacques Brel, et c’est la remontée.

Au loin, on entend un dernier coup de cimbale. On a raté le show des multiples batteurs sur le Monts des Arts.

Plus haut, je suis épaté, surpris. De longues files, pour tester les lunettes infra-rouge de l’armée, ou pour entrer dans les véhicules blindés et s’y faire prendre en photo.

Mon instinct guerrier ne s’éveille pas.

Richard, lui, se souvient de son oncle, brigadier colonel dans les forces britanniques.

Mmmh, non, décidément, je ne suis pas fait pour la guerre.

Un peu plus loin sur la gauche, une autre file.

Passer la tête et se faire photographier.

Se prendre – un instant – pour Manneken Pis.

Me demander, sans trouver réponse : sur quoi voudrais-je pisser ?

Je ne suis pas nationaliste, j’ai même plutôt l’impression que les nations sous leur forme actuelle ont vécu, qu’il est temps de leur rendre une juste fonction de gestion locale, de culture, de folklore. Tout en faisant avancer ce qui compte a l’échelle mondiale.

Bah, je ne crois pas qu’un manneken qui pisse doive penser à tout ça un jour de fête nationale.

Je ne suis pas nationaliste mais je vis dans ce pays. Je l’aime bien, la Belgique.

Et j’ai passé un bon après-midi.

L’amitié belgo-britannique, ça compte.

Pour le Brexit, on verra plus tard.

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