Elle&Lui&Nous

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Utopie humaniste, slam politique ou cri du cœur, je ne sais pas, je ne sais plus, peut-être tout ça à la fois …
J’ai donc la joie de vous présenter aujourd’hui Elle&Lui&Nous, mes mots accompagnés par la musique de Noëlle Sigrist, et mis en image par Simon Besème (Piston Captation).

Six mois après le morceau Déserteurs, qui prenait son envol quelques jours avant la première grande marche pour le climat, celui-ci fleurit (on est au printemps !) à l’avant-veille de la dernière mobilisation « Right(s) now ! » de ce dimanche 12 mai.

Les hommes et les femmes marchent. Traversent. Se rencontrent.

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Enregistré à la Projection room

Il y a elle et lui qui viennent de là-bas, de très loin, de là où ils devraient se sentir bien …
De chez eux … de chez eux mais comme si chez eux … comme s’ils étaient des étrangers là-bas où ils sont nés.

Alors, elle et lui ils traversent, des forêts des fleuves des déserts, ils courent nagent tremblent, et ils l’espèrent, si tout va bien ils traverseront la mer.

Parfois ils sont trop nombreux, le bateau tangue, coule, les flots avalent, recrachent, elle et lui, ils … crèvent.

Ou alors, et c’est bien, ils rejoignent l’autre côté, puis ils traversent encore, des villes des campagnes, des cimes des montagnes, et enfin, et ça aussi c’est bien, ils arrivent jusqu’ici pour … pour retrouver ailleurs, peut-être, retrouver un quelque part qui serait comme un nouveau départ, comme un chez eux, d’une certaine façon, en mieux.

Il y a elle et lui qui viennent de là-bas, de très loin, de là où ils devraient se sentir bien …

Et il y a nous … Nous, on est là, on est chez nous, les deux pieds sur notre terre, on n’est pas comme eux. Sauf que … Sauf que nous aussi, on a deux bras deux jambes, peut-être qu’on se ressemble ?

Et il y a ceux … Celles et ceux qui ne veulent pas qu’on se rassemble, qui voudraient d’un monde comme ça, coupé, divisé, balafré.
Ce n’est pas ça, le monde. Ce n’est pas ça. Pas un monde où chacun pour soi, pas un monde où on n’a pas le choix, où il y aurait les chanceux et les défectueux, les chançards et les cafards, les con-venables et les con-damnables.

Ils veulent quoi, ceux-là ? Qu’on crie, qu’on crève, qu’on se tire dessus, qu’on se dise zut, merde, désolé, on ne l’avait pas vu ? Parce que si, on le voit … on le voit que la vie c’est ensemble qu’on la vit, que la vie c’est plus fort que ça, qu’on est plus forts que ça, que l’humanité elle vaut mieux que ça, que des insultes à tour de bras.

Il y a elle et lui qui viennent de là-bas, de très loin, de là où ils devraient se sentir bien …

Le truc, le vrai truc, le beau truc, c’est qu’on voyage tous sur le même bateau, qui traverse les eaux, sans frontière sans territoire, des eaux bouillonnantes, de créativité, d’espoir, et des regards, oui, merci, des regards, on veut bien de vous ici, venez, venez, on va y arriver.

Merci à elle et à lui de traverser jusqu’ici, merci même contraints et forcés, merci d’être de passage dans notre paysage, merci de nous montrer, le courage, la volonté.

Merci à elle et à lui de les accueillir, merci de leur dire, oui nous sommes différents mais les mêmes … les mêmes, leur dire que nous aussi, parfois, nous nous sentons comme des étrangers ici où nous sommes nés.

Il y a elle et lui. Et nous. Différents. Ensemble. Les mêmes.
Pas question qu’on nous divise.
Il y a elle et lui. Et nous. Pas question d’être divisés.
Il y a elle et lui. Il y a nous.