Dans la lumière !

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Hier soir, j’étais présent au vernissage de l’exposition Brussel’Air, qui présente les photos de mon ami français et photographe aérien Simon Schmitt. Une sélection de photos des espaces verts de la Région bruxelloise vue d’hélicoptère.

Après les discours d’usage, j’ai parcouru l’exposition.

Évidemment, je me suis d’abord amusé à repérer tel ou tel lieu que je connais mais ce qui m’a aussi frappé, c’est la mise en lumière, vu d’en haut, de lieux, bâtiments et quartiers, inconnus, délaissés ou mal aimés.

Certains sont inaccessibles ou invisibles quand nous marchons ou pédalons les pieds sur terre, d’autres n’attirent l’œil que par leur incongruité dans le paysage, leur vétusté ou leur perpétuelle mise en travaux. Pourtant, ainsi projetés dans la lumière, pris dans un ensemble et offerts à notre curiosité, ils trouvent leur place, peut-être même leur importance, dans le tissu urbain de notre capitale.

Je ne suis ni architecte, ni amoureux des grandes cités, mais j’aime imaginer que c’est comme cela aussi dans notre existence.

Nous pouvons prendre de la hauteur et mettre dans la lumière des parts de nous-mêmes délaissées ou mal aimées. Ce que nous préférons garder invisible, peut-être parce que nous en avons honte, peut-être parce que nous ne savons pas quoi en faire ou quelle place leur donner.

À cette saison, depuis quelques jours surtout, la lumière revient, nous menant bientôt jusqu’à l’équinoxe de printemps, jusqu’à l’équilibre entre ombre et clarté. Un moment où il nous revient de choisir, une fois encore !

Que vais-je mettre dans la lumière durant les prochains mois ? Quels sont mes talents, bien sûr, que le monde doit découvrir, mais pas seulement … quelles sont les parts de moi-même, blessures, ombres, que je décide de regarder avec plus d’intérêt ? Même si elles ont l’air moche au premier abord ?

On ne sait jamais ce qui peut apparaître quand on prend de la hauteur. Et nous avons besoin de tout notre être pour avancer dans le monde. En mettant nos blessures et nos ombres dans la lumière avec amour, elles nous donnent la force d’avancer.

Alors, si nous sommes chacune, chacun, l’architecte de notre propre vie, eh bien soyons-en d’abord le photographe bienveillant. Déroulons la pellicule avec tendresse, découvrons chaque instant de notre vie, chaque parcelle de notre personnalité, de notre histoire, comme un élément essentiel à l’ensemble.

Ne détruisons pas trop vite ce qui nous a construit jusqu’à aujourd’hui. Observons-en les recoins cachés, de loin, de près, jusqu’à découvrir comment les intégrer dans l’ensemble. Dans le tout qui forme notre être, et dans le tout qui nous unit.

Allez, hop, dans la lumière !

Si vous avez envie de fêter l’équinoxe de printemps à venir, c’est notamment autour du feu et sous les arbres à la grande maison le 18 mars prochain.

Et pour découvrir les photos de Simon, l’exposition est visible au centre d’art du Rouge-Cloître jusqu’au 23 avril.