Cohabitations

Posté dans : Blog | 0

Après plus de deux mois de symptômes divers, de fatigue et de douleurs thoraciques parfois très intenses et encore et toujours présentes par intermittence, me voilà fixé.

Constatant que ma respiration se comportait toujours bizarrement et que je m'essoufflais facilement, j'ai pris rendez-vous pour un scanner des poumons et le résultat est clair : j'ai été infecté par le covid.

Le virus m’a très certainement quitté depuis plusieurs semaines mais les séquelles pulmonaires sont là, typiques et ne laissant aucun doute sur leur origine. Je devrai "travailler" (course, vélo, ...) pour espérer récupérer une condition physique satisfaisante.

Je suis optimiste mais j’ignore à ce stade si mes poumons retrouveront une activité normale, et si oui, quand.

Je connais plusieurs personnes qui ont été ou sont dans la même situation ; la pneumologue m'a dit en recevoir un bon nombre chaque jour dans son cabinet.

La plupart de ces cas, dont le mien, n'ayant subi aucun test sanguin ou nasal, ne sont pas repris dans les statistiques même si le scanner des poumons "a posteriori" est considéré comme très fiable.

Il y a énormément de points d'interrogation et les effets du covid sont très variables d'une personne à l'autre, dans leur localisation corporelle, leur intensité et leur durée.

Entre la petite grippe et les soins intensifs - éventuellement la mort pour les plus fragiles - il y a une grande variété de symptômes et de séquelles.

 

Je suis touché par celles et ceux qui souffrent ou ont souffert, par les familles endeuillées, par la solidarité, par les travailleurs courageux, par les travailleurs empêchés, par la situation des plus démunis. J'aime penser que nous vivons chacune et chacun dans notre corps, mais reliés.

Je comprends et je partage certaines inquiétudes par rapport aux vaccins, à la 5G, au traçage, aux inégalités, mais j'évite les amalgames précipités.

Je pense qu'il faut être attentif et agir et s'exprimer avec discernement. Que rester informé et lucide, c'est aussi reconnaître que le covid existe et touche de nombreuses personnes de différentes façons, qu'il mérite notre attention, que nous pouvons limiter sa propagation par des gestes simples, que nous ne sommes pas égaux face à la maladie.

Je ne plaide pour aucune stratégie. Je ne suis ni médecin, ni épidémiologiste, ni expert en nutrition, je suis juste attentif au vivant, à notre Terre et à ses habitants.

J'accueille la réalité de ma situation. Même si je ne comprends pas tout, même si je m'inquiète et râle parfois.

 

Je crois et participe du mieux que je peux à une société humaine :

* où chacune et chacun d’entre nous vit sa propre expérience sur terre, à sa façon, parfaitement imparfaite ;

* où chacune et chacun d'entre nous peut découvrir et réaliser ses aspirations profondes au service de l'ensemble ;

* où chacune et chacun d'entre nous garde son esprit critique tout en assumant ses responsabilités comme membre d'un groupe évoluant maintenant à l'échelle planétaire, conscient que ses actes influent sur ses contemporains de toutes formes et leurs descendants ;

* où chacune et chacun d'entre nous est libre d'exprimer ses difficultés et ses désaccords mais a aussi le devoir de se regarder lui-même et d’agir en conséquence ;

* où chacune et chacun d'entre nous apprend à s'arrêter régulièrement, à encourager, à remercier. Plutôt que s'agiter, reprocher, blâmer.

* où chacune et chacun d'entre nous prend soin de sa personne, cœur, corps, esprit, d'une façon à tenir compte de lui, des autres et de la nature, avec ses croyances mais sans idéologie.

 

Je souhaite le meilleur à chacune et chacun, et au vivant sous toutes ses formes.

Je ne sais pas quel est ce meilleur. Je ne contrôle pas le vivant. Personne ne le contrôle.

Je continue de rêver. D'aimer la nature, la poésie du monde, les rires. Le mystère.

 

Je souris à celles et ceux que je rencontre, même masqué.

Je souris à celles et ceux qui me lisent. Qui aiment avoir le cœur chaud, même masqués.

J'embrasse, à distance mais avec force et douceur, celles et ceux qui en ont besoin, ou envie.

Moi, j’en ai très envie. Vive les embrassades !

Vivement les accolades !

 

Avec cœur.

Jérôme

 

(Je n'avais pas envie d'accompagner ce texte d'une photo de poumons. Des arbres, le ciel et quelques nuages, c'est bien)

 

 

#passagesetcreations
#covid #ensemble #prevention
#temoignage #partage #confiance
#coeur #embrassades #vivant