Fouler le pré brûlé

Posté dans : Blog | 0
Mes pieds foulent, habitués, l’herbe du jardin
Habitués à la tendresse, à la douceur, à la rosée
Mes yeux suivent, habitués eux aussi
Au vert, aux nuances de la nature, à l’espoir

Ce jour, depuis des jours, pourtant
L’herbe s’assèche, rêche, brune, désolante
Les racines restent, oui, la terre en sous-couche
L’espoir n’est pas mort, il résiste aux assauts, à la chaleur

Mais je me désole, sans le doux tapis de mon enfance

Je pleure, espérant par là ressusciter les brins
Raviver, la flamme non, mon dieu point de feu en sus !
Mais la pluie, le ciel brumeux, les vents salvateurs

Pour tout dire, je danse même, comme là-bas !

Les danses sacrées, pour une pluie sacrée
Qui fait pousser les récoltes, fait mûrir les Hommes
Je bouge mes pieds et mon corps, pour ne pas figer

Je me roule dans l’herbe, pour bien sentir

Pour m’assurer que je ne dors pas, encauchemardé
Que ceci est bien réel, que la vie veut me montrer
Qu’il y a encore tant à faire, que le feu n’est pas tout

Je me roule et la colère m’enroule, un autre feu

J’en veux à la Terre entière, à ses habitants
Aux humains inconscients, à l’industrie magnifiée
Inarrêtable, incontrôlable, détestable

Je m’en veux moi-même, de marcher sur l’herbe

De savoir et de parfois oublier, de me renier
Je suis triste, pour tout dire, pour tout vous dire
Je suis triste, je m’agenouille, devant la nature

Devant les espèces mortes et menacées

Devant la terre labourée, bafouée, malmenée
Les déchets déversés, les rivières, les océans,
Les arbres, eux-mêmes, ancêtres désenchantés

Je m’assieds, je caresse le pré brûlé

Je lui dis ma peine, les horreurs, le dégoût
Il écoute, plus tendre qu’il n’y paraît
Parce qu’elle est bien là, la vérité

L’herbe, le vert, la bonté existent encore

Le cœur tendre, voyez-vous, lui sait
Il nous conduira, à pas de loup, ou de géant
Vers un horizon dégagé, rafraichi, solidaire

Le destin commun, voyez-vous

Des hommes et des plantes, et des bêtes
La vie, unie, reconnue, appréciée
Nous le demande : levez-vous !

 

Une table auprès du feu

Posté dans : Blog | 0
Alors que ma convalescence avance à un rythme que j’aimerais parfois beaucoup plus rapide, je poursuis – au même rythme donc – quelques aménagements dans la nature sacrée qui m’entoure, en alternant travail et repos.

Il y a quelques mois, je me réjouissais d’avoir trouvé une filière locale pour le bois dont je m’occupe.

Il y a quelques semaines, j’admirais l’équipe de la Sonian Wood Coop venue scier sur place de beaux plateaux, valorisant les troncs de hêtres plus que centenaires tombés lors des tempêtes hivernales.

Au bout de leur journée de travail, ils m’avaient offert de garder le dernier morceau, massif et imposant.

J’avais pour objectif de le déplacer de quelques centaines de mètres pour en faire une table près de l’endroit de feu où nous nous réunissons régulièrement.

Vu son poids, pas une mince affaire !

Mais ça y est : trois cerveaux, un tracteur, six bras, deux sangles, de l’huile de coude et de la patience, la table a trouvé sa place.

Il reste à tester l’aménagement lors de prochains rassemblements : buffet sauvage au coin du feu.

Merci à Stéphane et à Vincent pour la réflexion commune et la mise en œuvre !

Un tour de roue

Posté dans : Blog | 0
Il y a des créations qui prennent du temps à se dessiner, puis qui se réalisent en quelques traits.

Un grand et vieux charme qui tombe à la fin de l’hiver en travers du « carrefour rouge », un feu de branches qui s’étend sur un vieille souche, la récurrente envie de réinstaller une belle et large roue des directions dans la nature, un morceau du charme chu qui me fait de l’œil, l’élan de le planter comme un pilier, orienté vers l’est, puis d’en planter cinq autres, au nord.

Les mains dans mes gants ou sur le manche de ma bèche. Une boussole. De nouveaux feux pour saluer la souche, de la terre pour égaliser le terrain, des pierres, le soleil, la pluie, des escargots et des limaces, un mois, chaque jour ou presque, quelques heures, le printemps qui glisse vers l’été, une nuée de papillons, des abeilles, le temps qui tourne, m’asseoir de temps en temps vers l’est, observer toutes les directions, sentir les éléments, continuer.

Poser les pierres. Tracer le cercle, les axes. Ouvrir les directions. Pour moi, pour celles et ceux qui viennent se promener ici, qui viennent chercher, explorer, sentir où ils en sont dans leur vie, quelle direction suivre, ou comment rééquilibrer les énergies.

Parce qu’il s’agit aussi de ça : trouver l’équilibre du moment, se rapprocher du centre, se découvrir, élargir sa vision, choisir sa voie, sa vie, sous l’œil bienveillant de la nature, au chant des oiseaux, avec audace et curiosité.

Il est bientôt temps d’un premier partage en groupe restreint : le samedi 8 août de 14h00 à 17h00, je propose une « promenade » autour de la roue. Pour prendre un temps de recul et nous laisser inspirer au milieu de l’été.

Bienvenue !

Les couleurs de l’été

Posté dans : Blog | 0
Déjà de jolies couleurs – et des bons goûts ! – d’été.

Solstice ce soir !

Cette année, le printemps a été une immense remise à jour, individuellement et collectivement.

Mais qui sait ce qui a germé ?

Puisse la période estivale apporter son lot unique de récoltes et de délicieuses saveurs !

Qui sait quelles prières seront exaucées ?

Puissent chacune et chacun se reposer, ou reprendre sa route, et déguster !

Qui sait qui nous allons rencontrer ?

Puissent les différentes couleurs s’embrasser et l’ensemble s’harmoniser !

Voilà l’été.

Scierie mobile

Posté dans : Blog | 0
L’hiver dernier, ce furent les tempêtes, et des chutes d’arbres.

L’occasion, en réponse à ma quête d’une filière locale pour mon bois, de commencer une collaboration avec la toute fraîche Sonian Wood Coop …

Eh bien ! Les belles aventures continuent !

La majorité des grumes sont partis en scierie il y quelques semaines mais deux – énormes – troncs de hêtres ont dû être laissés sur place.

Aujourd’hui … revoilà donc l’équipe pour travailler ici, en direct, et scier des futurs plateaux de table et des blocs pour le tournage. Matériel tout neuf à tester.

Test réussi, je dirais.

Quel bonheur de savoir que « nos » arbres, plantés par nos aïeux il y a plus de cent cinquante ans trouvent une place où ils peuvent donner leur meilleur, et leur plus beau.

Pour ma part, j’aime honorer la nature et sa dimension sacrée, à travers des rituels, des moments de partage et un entretien raisonné, mais quelle joie de travailler avec d’autres humains qui l’honorent à leur façon, en créant des pièces uniques … une sorte de deuxième vie pour ce qui n’est plus sur pied.

Et quel bonheur de voir des rêves réalisés, avec du sens pour la collectivité.

Inspirant ! Réjouissant !

Cerise sur le gâteau, ils m’ont laissé la grosse pièce du dessous, pour qu’elle devienne une table près du feu sacré. La boucle se boucle, on dirait bien.

Merci à la Sonian Wood Coop.

(Et pour celles et ceux qui voudrait se fournir auprès d’eux, encore un peu de patience, il faut que ça sèche !)

1 2 3 4 18