Ciel !

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Particulièrement en ce moment, lors de mes longues marches, pendant mes courses de remise de forme, ou lorsque je travaille au potager ou dans les bois, je suis attiré, aimanté par la terre : pas à pas, un pied puis l’autre, en mouvement ; penché, accroupi ou à genoux (pour travailler, pas pour courir !).
Ancré au sol. Revenu chez moi, en moi. Donnant de la profondeur et de la force à mon corps et à mes actes.
Mais de temps en temps, je lève la tête.
Et alors !
Le ciel !
Magnifique ciel de printemps, bleu aux nuages. Tranquille, doux, et pourtant troublé.
Je m’imagine alors une buse, de celles que j’observe si souvent, ou une autre, qui se laisse porter par les courants ascendants, qui crie au loin, qui chasse, joue, protège. Qui connaît le ciel bien mieux que moi.
Un oiseau aux ailes déployées, pour me rappeler que je vis entre la Terre et le Ciel, debout, vertical, et que l’équilibre se trouve là. Rêveur. Créateur. Passeur.

 

Retour au musée

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On sort de chez soi, doucement, et les musées ont rouvert.
J’aime la nature, rester immergé, et j’aime l’art, cette chose indéfinissable – on essaye pourtant ! – qui émeut, qui énerve, qui éblouit, sans qu’on sache pourquoi, sans que les sensations soient les mêmes pour tous.
Direction Bozar. Reprendre quelque chose qui ressemble à une habitude. Laisser ma voiture à Delta, plonger dans le métro. Si j’avais oublié mon masque préféré, les affiches nombreuses – en néerlandais et en français – sont là pour me le rappeler.
Pas grand monde sur les quais. Ni dans les rames.
Je descends à la station Parc. Comme titulaire d’un Museum Pass, j’ai dû réserver mon « slot », celui de dix heures ce samedi, et je suis en avance. L’impatience, sans doute.
Je me laisse errer dans le Parc de Bruxelles, quelques joggeurs, les deux bassins, des travaux, puis place Royale, et finalement la descente vers la rue Ravenstein. Au loin, la vue à travers le Mont des Arts. Bruxelles est en place.
Ticket électronique sur mon smartphone, accueil par les gardes masqués, un itinéraire distinct, gauche pour entrer, droite pour sortir, tout cela devient normal, classique, même si je note qu’il y a moins de monde qu’au supermarché.
Le hall immense, faire scanner mon e-ticket, monter les marches du grand escalier, tourner à droite.
Un gardien – masque blanc sur peau noire – m’indique le chemin.
– Jusqu’à la grille, et ça commence.
Je suis là pour l’exposition Mondo Cane. Une vingtaine de poupées à taille humaine, en position fixe ou répétant un mouvement basique. Un pizzaiolo roulant sa pâte (fausse), une tisserande, un joueur de lyre. Une tenant un parasol, une autre en chaise roulante, une vieille femme qui me fait un peu peur. Certaines émettent des sons. Toutes portent des habits anciens.
Si j’en crois le descriptif, dans la tête de l’artiste, les poupées se libèrent quand le musée ferme pour déambuler entre les dessins affichés aux murs.
Les poupées ne portent pas de masque.
Elle sont simples, grossièrement représentées même, mais l’ambiance m’emporte. La vie réelle. D’avant.
D’avant la technologie. D’avant le coronavirus. D’avant tout ça.
J’ai fait le tour. Deux fois.
Je me dirige vers la sortie, organisée par l’escalier qui mène à la place des Palais.
En haut des marches, sur la gauche, un homme est assis sur une chaise.
S’il ne s’était pas levé, j’aurais pu croire à une autre poupée. Sauf le masque.
Il me demande quelle expo j’ai visitée, puis il me parle d’une autre dont il a entendu grand bien à la radio. Je l’interroge sur sa situation, si tout est ok pour lui.
– C’est peinard. Beaucoup moins de monde. Et puis ils ont rouvert la porte.
La petite porte qui donne sur la place des Palais.
– Elle était fermée depuis les attentats.
Une porte fermée à cause des attentats, qui s’ouvre de nouveau grâce au coronavirus.
Je n’ai pas le temps de m’interroger sur le sens de tout ça : le gardien m’a accompagné jusque sur le trottoir et il me montre une colonie de fourmis qui traversent de gauche à droite, une à une.
Peut-être que ce sont les fourmis qui nettoient le passage. Qui rouvrent les portes. Qui montrent l’exemple. Une à une, faire le boulot ensemble.
Des poupées, des fourmis, retour au musée !

 

Black Lives Matter

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Il y a quelques jours, quand les images de la mort de George Floyd sont apparues sur les écrans, j’ai été touché, heurté.
C’est mon premier mouvement, l’émotion suscitée.
Puis, alors que fleurissaient les déclarations d’indignation et les panneaux « Black lives matter », je me suis renfermé.
Caché derrière mon sempiternel « toutes les vies comptent », pas seulement les noires.
Caché derrière ma volonté de ne pas entretenir le balancier perpétuel entre les victimes et les bourreaux.
Je me suis tu.
Bien sûr, toutes les vies comptent. La vie sous toutes ses formes compte. La mort elle-même fait partie de notre expérience d’être humain.
Avec le recul de quelques jours, j’affiche moi aussi « Black lives matter ».
Je reconnais qu’il existe un problème systémique de racisme. Et que je fais partie de ce problème.
Depuis des décennies, des siècles, des êtres humains à la peau noire ont été maltraités et discriminés du fait de la couleur de leur peau, et cela continue aujourd’hui.
Je soutiens le développement individuel de chacune et chacun, mais comment est-il possible si certains sont rabaissés intrinsèquement ?
Je plaide pour le « vivre ensemble », mais comment est-il possible si certains sont rejetés intrinsèquement ?
Reconnaître que je fais partie du problème ne veut pas dire assumer la culpabilité de mes ancêtres, blâmer un peuple entier ou entrer dans la dichotomie du bien et du mal.
C’est accepter de regarder le monde comme il est aujourd’hui. Et le confronter à mes valeurs.
Accepter la réalité est la première étape, sans doute même la fondation, vers une intention individuelle et collective.
Je ne suis pas raciste, dans le sens où je ne tiens pas de propos racistes ni ne pose d’acte ouvertement raciste, mais je fais partie d’une société qui a un problème de racisme. Je fais partie de ce problème.
Il est possible que cette sortie tardive soit critiquée. Il est possible que je sois influencé par le mouvement de masse.
Il est possible que je me trompe.
Je préfère me tromper que rester silencieux.
Je préfère reconnaître ce qui se vit en moi et de quoi je fais partie, en ayant foi que les problèmes se résolvent à partir de cette reconnaissance-là.
Le chemin est long.
Les vies noires comptent.
En lien avec vous toutes et tous.
Avec cœur.
Jérôme

Les quatre éléments

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Le travail autour des quatre éléments est un « grand classique » des pratiques chamaniques.
 
Nous relier aux éléments, dans la nature et dans notre vie quotidienne. Les observer, apprendre à les apprécier sous toutes leurs facettes et découvrir leurs dimensions complémentaires : chaque élément contient en lui-même la force et la douceur, le calme et l’agitation, le sombre et le lumineux, le donner et le recevoir.
 
Rencontrer, aussi, la terre, le feu, l’eau et l’air à l’intérieur de nous-même. Chercher l’équilibre, pour finalement, parfois juste instant, nous poser au centre de notre être, toucher le mystère et apprécier la grâce d’être vivant et plein de potentiels.
 
Les éléments nous ramènent chacun à leur manière à notre nature sauvage et à la source de la vie. Ils nous nourrissent. Ils s’expriment à travers nous.
 
C’est une des raisons pour laquelle j’intègre dans mon travail des temps en nature et des rituels, avec autant d’intimité que possible avec la magie et la créativité des quatre éléments, formidablement présents dans le lieu où je vous reçois.
 
Bienvenue à leur rencontre, et à la rencontre de vous-même.
 
A’how !
 
Jérôme

 

Cohabitations

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Après plus de deux mois de symptômes divers, de fatigue et de douleurs thoraciques parfois très intenses et encore et toujours présentes par intermittence, me voilà fixé.

Constatant que ma respiration se comportait toujours bizarrement et que je m'essoufflais facilement, j'ai pris rendez-vous pour un scanner des poumons et le résultat est clair : j'ai été infecté par le covid.

Le virus m’a très certainement quitté depuis plusieurs semaines mais les séquelles pulmonaires sont là, typiques et ne laissant aucun doute sur leur origine. Je devrai "travailler" (course, vélo, ...) pour espérer récupérer une condition physique satisfaisante.

Je suis optimiste mais j’ignore à ce stade si mes poumons retrouveront une activité normale, et si oui, quand.

Je connais plusieurs personnes qui ont été ou sont dans la même situation ; la pneumologue m'a dit en recevoir un bon nombre chaque jour dans son cabinet.

La plupart de ces cas, dont le mien, n'ayant subi aucun test sanguin ou nasal, ne sont pas repris dans les statistiques même si le scanner des poumons "a posteriori" est considéré comme très fiable.

Il y a énormément de points d'interrogation et les effets du covid sont très variables d'une personne à l'autre, dans leur localisation corporelle, leur intensité et leur durée.

Entre la petite grippe et les soins intensifs - éventuellement la mort pour les plus fragiles - il y a une grande variété de symptômes et de séquelles.

 

Je suis touché par celles et ceux qui souffrent ou ont souffert, par les familles endeuillées, par la solidarité, par les travailleurs courageux, par les travailleurs empêchés, par la situation des plus démunis. J'aime penser que nous vivons chacune et chacun dans notre corps, mais reliés.

Je comprends et je partage certaines inquiétudes par rapport aux vaccins, à la 5G, au traçage, aux inégalités, mais j'évite les amalgames précipités.

Je pense qu'il faut être attentif et agir et s'exprimer avec discernement. Que rester informé et lucide, c'est aussi reconnaître que le covid existe et touche de nombreuses personnes de différentes façons, qu'il mérite notre attention, que nous pouvons limiter sa propagation par des gestes simples, que nous ne sommes pas égaux face à la maladie.

Je ne plaide pour aucune stratégie. Je ne suis ni médecin, ni épidémiologiste, ni expert en nutrition, je suis juste attentif au vivant, à notre Terre et à ses habitants.

J'accueille la réalité de ma situation. Même si je ne comprends pas tout, même si je m'inquiète et râle parfois.

 

Je crois et participe du mieux que je peux à une société humaine :

* où chacune et chacun d’entre nous vit sa propre expérience sur terre, à sa façon, parfaitement imparfaite ;

* où chacune et chacun d'entre nous peut découvrir et réaliser ses aspirations profondes au service de l'ensemble ;

* où chacune et chacun d'entre nous garde son esprit critique tout en assumant ses responsabilités comme membre d'un groupe évoluant maintenant à l'échelle planétaire, conscient que ses actes influent sur ses contemporains de toutes formes et leurs descendants ;

* où chacune et chacun d'entre nous est libre d'exprimer ses difficultés et ses désaccords mais a aussi le devoir de se regarder lui-même et d’agir en conséquence ;

* où chacune et chacun d'entre nous apprend à s'arrêter régulièrement, à encourager, à remercier. Plutôt que s'agiter, reprocher, blâmer.

* où chacune et chacun d'entre nous prend soin de sa personne, cœur, corps, esprit, d'une façon à tenir compte de lui, des autres et de la nature, avec ses croyances mais sans idéologie.

 

Je souhaite le meilleur à chacune et chacun, et au vivant sous toutes ses formes.

Je ne sais pas quel est ce meilleur. Je ne contrôle pas le vivant. Personne ne le contrôle.

Je continue de rêver. D'aimer la nature, la poésie du monde, les rires. Le mystère.

 

Je souris à celles et ceux que je rencontre, même masqué.

Je souris à celles et ceux qui me lisent. Qui aiment avoir le cœur chaud, même masqués.

J'embrasse, à distance mais avec force et douceur, celles et ceux qui en ont besoin, ou envie.

Moi, j’en ai très envie. Vive les embrassades !

Vivement les accolades !

 

Avec cœur.

Jérôme

 

(Je n'avais pas envie d'accompagner ce texte d'une photo de poumons. Des arbres, le ciel et quelques nuages, c'est bien)

 

 

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