Black Lives Matter

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Il y a quelques jours, quand les images de la mort de George Floyd sont apparues sur les écrans, j’ai été touché, heurté.
C’est mon premier mouvement, l’émotion suscitée.
Puis, alors que fleurissaient les déclarations d’indignation et les panneaux « Black lives matter », je me suis renfermé.
Caché derrière mon sempiternel « toutes les vies comptent », pas seulement les noires.
Caché derrière ma volonté de ne pas entretenir le balancier perpétuel entre les victimes et les bourreaux.
Je me suis tu.
Bien sûr, toutes les vies comptent. La vie sous toutes ses formes compte. La mort elle-même fait partie de notre expérience d’être humain.
Avec le recul de quelques jours, j’affiche moi aussi « Black lives matter ».
Je reconnais qu’il existe un problème systémique de racisme. Et que je fais partie de ce problème.
Depuis des décennies, des siècles, des êtres humains à la peau noire ont été maltraités et discriminés du fait de la couleur de leur peau, et cela continue aujourd’hui.
Je soutiens le développement individuel de chacune et chacun, mais comment est-il possible si certains sont rabaissés intrinsèquement ?
Je plaide pour le « vivre ensemble », mais comment est-il possible si certains sont rejetés intrinsèquement ?
Reconnaître que je fais partie du problème ne veut pas dire assumer la culpabilité de mes ancêtres, blâmer un peuple entier ou entrer dans la dichotomie du bien et du mal.
C’est accepter de regarder le monde comme il est aujourd’hui. Et le confronter à mes valeurs.
Accepter la réalité est la première étape, sans doute même la fondation, vers une intention individuelle et collective.
Je ne suis pas raciste, dans le sens où je ne tiens pas de propos racistes ni ne pose d’acte ouvertement raciste, mais je fais partie d’une société qui a un problème de racisme. Je fais partie de ce problème.
Il est possible que cette sortie tardive soit critiquée. Il est possible que je sois influencé par le mouvement de masse.
Il est possible que je me trompe.
Je préfère me tromper que rester silencieux.
Je préfère reconnaître ce qui se vit en moi et de quoi je fais partie, en ayant foi que les problèmes se résolvent à partir de cette reconnaissance-là.
Le chemin est long.
Les vies noires comptent.
En lien avec vous toutes et tous.
Avec cœur.
Jérôme