Aboriginal Signature

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Traverser Bruxelles pour visiter une galerie d’art aborigène. Voilà ce que je rêvais de faire depuis longtemps. Pas un grand rêve. Un rêve accessible. Moins loin que voyager aux antipodes.

Je m’intéresse à la galerie Aboriginal Signature, via Facebook et Instagram, depuis plusieurs années, m’émerveillant à chaque nouvelle exposition, les couleurs, les formes, les symboles, sans rien y connaître. Sans encore y être allé.

Station Elisabeth, rejoindre le parc du même nom, traverser sous les arbres presque dénudés, tourner à gauche, dans une rue semblable à beaucoup de ses sœurs bruxelloises, jusqu’à cette maison, elle aussi semblable.

Ces Aborigènes-là vivent en Australie. Moi qui aime les gardiens de la terre, je suis servi. Ils mènent leur existence en communauté, dans le désert souvent, dans des lieux arides et peu accueillants, faisant la preuve que la vie est partout, qu’on peut vivre partout et continuer à créer.

Sonner. Être reçu dans la maison chaleureuse, complétée par d’autres espaces à l’arrière.

Je ne l’avais pas lu – Facebook et Instagram ne me disent pas tout ! – mais une visite guidée est organisée, menée par Monsieur Estrangin lui-même, le gardien de cette terre-là, nous apprenant les bases de ce qu’est l’art aborigène.

En Australie donc, répartis en communautés, de vieux artistes, parfois mari et femme, de jeunes artistes aussi, qui évoluent d’abord sous l’œil des ancêtres, avant de prendre leur envol.

On ne peut pas tout représenter ! Il y a des codes, des règles, il y a ce qui est secret et ce qui peut être montré.

Il paraît que là-bas, c’est à partir de quarante-cinq ans qu’un artiste peut s’émanciper. Ca me rappelle ma propre existence. Mes quarante-cinq ans, en 2018, et mon élan personnel vers mes Histoires à vivre debout, sous le regard de mes propres ancêtres mais sans tabou, sans retenir rien de ce que je voulais dire, raconter.

Les artistes aborigènes racontent leur vie, leurs lieux sacrés, exposent à leur façon leur cosmogonie, leurs vérités traditionnelles.

Pourtant, plus d’une œuvre, parmi celles que j’ai sous les yeux, pourrait trouver sa place dans une galerie d’art contemporain.

Monsieur Estrangin en connaît un rayon. Plusieurs même. C’est un soleil quand il parle de ces artistes, qu’il a rencontrés, qu’il promeut ici à l’autre bout du monde.

Je trouve ces œuvres magnifiques, des peintures sur toile, ou sur écorce, des troncs sculptés et peints, des nacres.

Chacune a son histoire, son lien avec la tradition.

Le temps est venu de ressortir. Non sans avoir pris quelques photos, sans avoir examiné la liste de prix – il faut se laisser tenter ! , nous glisse Monsieur Estrangin – , sans avoir écouté, admiré, remercié.

Je me sens relié à la terre. Fasciné.

Il reste à retourner dans le centre-ville.

Point de métro, cette fois. À pied.

Toujours inspiré, je traverse Molenbeek la tant décriée, chaussée de Gand, jusqu’au Canal.

La vie urbaine. Loin du désert australien.

Jungle plutôt que désert, paraît-il, mais pleine de vie, de couleurs, de mouvement.

Une autre forme d’art, sans doute. Un mélange de cultures.

Parce qu’on se sait jamais d’où peut surgir la surprise, et le plaisir.

https://www.aboriginalsignature.com/

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